Médor
Depuis toujours, l’humour fait partie de mes valeurs. Rire, c’est bon pour la santé. L’humour permet aussi de mieux faire passer des pilules dures à avaler.
J’ai un ami, plein d’humour, qui fait régulièrement des séjours à l’hôpital. Régulièrement, il écrit des « cartes postales » de petits faits de la vie à l’hôpital ou chez lui. Je me régale de son écriture pleine d’émotions, de sagesse et d’humour. Merci l’ami !
Il ne m’en voudra pas, j’espère, si je lui emprunte le nom de « carte postale » pour raconter le vécu de l’hosto.
Je vous envoie donc une carte postale avec cette photo pour vous présenter Médor : mon nouveau compagnon qui me suit partout depuis vendredi. Il est très gentil mais assez bruyant.
Au programme du jour, radio puis scintigraphie osseuse. Vers 14h, mon taxi vient me chercher pour la scintigraphie. Les gestes routiniers sont de rigueur. Débrancher chez Médor le tuyau qui sert à aspirer l’air de mes poumons, agripper Médor pour le placer de l’autre côté de mon lit, mettre les sandales, le gilet et le masque, emporter un livre en cas d’attente. Je m’installe sur la chaise roulante en plaçant Médor entre mes pieds afin qu’il soit bien calme. Je discute avec la charmante jeune fille qui me conduit à mon examen. Tiens, je reconnais la salle d’attente où je me suis rendue lors de mes séances de radiothérapie. Bizarre, je ne pensais pas que l’examen avait lieu ici. J’ouvre mon livre et me lance dans sa lecture. Si vous cherchez de la lecture, je vous conseille Agnès Martin-Lugand. J’aime beaucoup son écriture et son analyse des personnages. Le titre que j’ai emporté : « Nos résiliences ». Sujet bien à propos.
Après 10 minutes d’attente, un infirmier appelle :
- Madame Halot !
- Oui, c’est moi.
- En fait, on ne vous a pas conduite au bon endroit, quelqu’un va venir vous chercher.
Et c’est reparti dans le dédale des couloirs. Cette fois, j’arrive au bon endroit. J’ai encore du temps pour lire. Au bout d’un petit moment, c’est mon tour. Je me couche pour l’examen. Petit problème, comment faire pour que Médor me suive avec la contrainte qu’il doit se trouver plus bas que mes poumons. Je vois l’air dubitatif sur le visage de la responsable de l’examen. Finalement, elle pose Médor sur une chaise qu’elle déplacera au fur et à mesure de l’examen car la machine me déplace petit à petit. Situation inédite.
Deuxième examen, Médor donne de nouveau du fil à tordre. La responsable m’explique que la machine tournera autour de mon bassin et qu’il ne faut pas que la laisse (le tuyau) de Médor soit emportée. Nouveau temps de réflexion. Finalement, il est décidé de coller la laisse sur le bord de ma couchette pour qu’elle ne soit pas dans le chemin. Voilà qui est fait. L’examen commence. Je ne peux pas bouger. Au bout d’un petit moment, j’entends que la laisse s’est détachée. J’appelle la responsable, mais aucune réaction. La machine tourne chaque fois d’un cran, puis s’arrête. Je sens que le moment crucial approche ! Médor va-t-il être emporté par la machine ? Suspense… Voilà la responsable qui arrive. Je lui signale que je pense que la laisse s’est décollée. Elle vérifie, mais tout va bien. Ouf, Médor est sauvé. À présent, les examens sont terminés. Le taxi arrive assez rapidement et me voilà à nouveau dans ma chambre, vue sur cour.
Médor a retrouvé sa place, à côté de mon lit. Un peu de repos pour tous les deux.
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